Photo-Narratives: Algeria

Traditional well undergoing transformation in the oasis of Béni Isguen in Ghardaia, Algeria: mixing “tradition” and “modernity”.

Photograph and Narrative Provided by Ahmed Benmihoub

The local community has established, over several centuries, an ingenious circular hydraulic system for the recovery of surface water, the recharge of alluvial groundwater and the exploitation of these underground water reserves. The dikes built in stone are used to recover flood waters from wadis and water flows on sloping surfaces and promote their infiltration. This silt-rich surface water is drained via a system of pipes to the palm grove and collector wells, which are used to recharge the alluvial aquifers, and dams to retain water. The underground water reserves were exploited through traditional wells from which water is drawn by animal traction (camels in particular).

Today, these traditional wells are undergoing transformations: the mechanical energy of animal origin is being replaced by electrical energy that powers the hydraulic pumps; the channels or seguia that carry water to the plots of land where crops are grown are replaced by PVC pipes. The wells are operated collectively - by several users often using individual pumps (the image illustrates this new form of operation of traditional wells) powered by individual sources of electrical energy. This image raises questions about the evolution of social rules for sharing water, the constraints linked to this transformation and the possible alternatives.

The Original Text:

«Mixage tradition-modernisation»: Puits traditionnel «en transformation» – l’oasis de Béni Isguen à Ghardaia, Algérie

La communauté locale – les Mozabites- a établi, depuis plusieurs siècles, un système hydraulique circulaire ingénieux de récupération des eaux de surface, de recharge des nappes phréatiques alluviales et d’exploitation de ces réserves d’eau souterraines. Les digues construites en pierres sont utilisées pour récupérer les eaux de crue d’oueds et des coulées d’eau sur les surfaces en pente et favoriser leur infiltration. Ces eaux de surface riches en limons sont drainées via un système de canalisation vers la palmeraie et les puits capteurs, qui servent à recharger les nappes alluviales, et les barrages pour retenir l’eau. Les réserves d’eaux souterraines sont exploitées par le biais de puits traditionnels par lesquels l’eau est prélevée grâce à la traction animale (dromadaire notamment).

Aujourd’hui, ces puits traditionnels connaissent des transformations : l’énergie mécanique d’origine animale étant remplacée par l’énergie électrique faisant fonctionner les pompes hydrauliques ; les rigoles ou « séguias » acheminant l’eau vers les parcelles de cultures sont remplacées par des conduites en PVC. Les puits sont exploités collectivement -par plusieurs usagers utilisant souvent des pompes individuelles (cf. l’image ci-dessus illustre cette nouvelle forme d’exploitation des puits traditionnels) alimentées par des sources individuelles d’énergie électrique. Cette image impose des interrogations sur l’évolution règles sociales de partage de l’eau, les contraintes liées à cette transformation et les alternatives envisageables.